Première portée de notre grande caniche
SUEUR FROIDE DANS LA NUIT

Ça clash le titre « sueur froide dans la nuit », non ? Pourtant, c’est un peu ce qui s’est passé pour moi un soir de nuit noire.
Ceux qui me connaissent un peu savent que le sport et moi ça fait deux. Sauf depuis plus de 2 ans que j’ai commencé l’équitation, là ça me branche. C’est même le seul cours que j’ai séché au lycée. Je ne suis même pas présentée l’année de mon baccalauréat. Ça et les langues vivantes, ça a été ma hantise lors de ma vie scolaire.
Pourtant peut-être poussé par le besoin de bien faire, je me suis mise au sport en université. Ceci dit ,je n’ai pas tilté que je faisais 20 min de vélo pour aller à l’IUT, pour moi le vélo ce n’est pas du sport, mais un moyen de transport lol
Il a fallu que je trouve un sport qui me convienne et pas trop cher (j’étais étudiante et j’avais mes chats à nourrir) j’ai donc trouvé à faire un sport qui allie respiration, concentration, souplesse : le tai shi shuan (moi qui étais raide comme un balai)
J’en ai fait 2 ans, c’est la deuxième année que ça a un peu dérapé. Pas le sport en lui-même mais l’à côté.
Le sport était au Sanitas. Ceux qui connaissent Tours à cette époque savent que c’était un endroit pas très bien famé. « » »Par contre, le resto universitaire faisait partie de mes « escapades » avec les copains. Dès que le resto proposait du calamar au menu, tout le monde se tassait dans la voiture en pause du midi. Perso, ça ne me tentait pas, mais j’adorais leur coq au vin. « » »
Au sanitas, mieux valait ne pas laisser sa voiture toute la nuit, on oublie le vélo, il disparaissait et il était même dangereux de circuler seule la nuit à pied. J’y allais en voiture, mais un soir (parce que les cours étaient le soir évidemment), ma voiture n’était pas disponible. Comme il faisait jour, je me suis dit : je vais y aller à pied ; ce n’était pas si loin, c’était 30 minutes de marche (oui, pour moi la marche n’est pas du sport, mais un moyen de déplacement.) sauf que j’avais oublié qu’après le jour …. il y a la nuit.
Le cours se passe très bien sauf quand je sors, il fait nuit et il pleuvait. Je prends mon petit parapluie et je marche pour retourner chez moi. Sur les routes principales, ça prend 5 mn de plus, mais c’est plus sécurisant. Donc pas de soucis, sauf que je devais aussi prendre des routes plus « discrètes ». J’ai été suivie … quand un mec vous suit dans la rue, en général vous êtes pas très fier mais heureusement pour moi c’est arrivé pas très loin de ma maison ; j’ai pressé un petit peu le pas, il a pressé le sien … gloups … je me suis dépêché de monter les marches pour accéder à la maison : je l’ai senti qu’il était à deux pas alors que j’avais les clés dans la serrure. J’ai alors entendu Fidji gueuler, mais avec une voix rauque énorme. Quand certains grands caniches aboient, on dirait des bergers allemands. C’était une femelle, mais elle avait une voix de berger allemand rauque, aucunement en rapport avec sa stature.
Le gars l’a entendu et a fait demi-tour. merci ma Fidji.
J’avoue que je n’étais pas très fière et c’était aussi une des raisons, enfin surtout la bonne excuse, pour laquelle j’ai arrêté le sport le soir au Sanitas.
Terreur sur la ville

Un mois d’hiver, il régnait un climat de terreur en raison d’un skinhead qui a tabassé pas mal de personnes, frappant sans raison pour avoir de l’argent d’une manière ultra-violente. Juste avant il y avait d’autres faits divers qui ont entraîné du mal-être général, dont des agressions au couteau.
Je devais aller au centre-ville un soir après mes cours, récupérer un colis. C’était à 10 minutes à pied de chez moi en coupant par les petites rues. Parce qu’il régnait un climat de peur sur la ville, j’ai emmené ma chienne grande caniche avec moi pour me rassurer. Elle devait avoir 2 ans à ce moment-là et j’emprunte cette petite rue de biais et là face à moi je vois arriver trois punks ; alors dans ma tête, skinhead ou punk : tout se mélangeait. Pourtant, en allant prendre le bus, je rencontrais souvent un punk avec un rat sur les épaules, super sympa. Mais là …
Ils arrivaient donc face à moi de loin, je sentais ma peur monter et d’un seul coup, ils ont changé de trottoir. Je n’ai pas compris, j’ai baissé la tête et j’ai vu ma chienne tous les crocs découverts sans grogner, sans un bruit, mais l’air mauvais : elle faisait comprendre qu’il ne fallait pas s’approcher.
Alors oui je pense qu’elle m’aurait défendu, qu’elle aurait planté ses crocs dans les bras ou les mollets des personnes mais elle ne l’a pas fait évidemment mais j’ai compris pour la deuxième fois que le grand caniche était un magnifique chien de défense.
Première portée de Fidji du point de vue des aquéreurs

J’ai découvert avec mes chats qu’il y avait différents éleveurs, comme expliqué dans mes posts précédents : des biens, des pas bien, des malhonnêtes, des honnêtes.
Et bien, j’ai l’honneur de vous annoncer que pour les acquéreurs de nos toutous ou matous, c’est exactement la même chose.
Il y en a des biens il y en a des pas bien, il y en a des maltraitants non pas pour les chiens mais pour nous les éleveurs en tant que personnes humaines, il y en a qu’on ne revoit jamais parce qu’ils n’ont même pas l’idée de donner des nouvelles, certains ne donneront jamais de nouvelles par mépris de l’éleveurs ou parce qu’il pense que l’éleveur est un mauvais éleveur, certains vont garder le contact toute la vie du chien et au-delà, pour d’autres ils deviendront de vrais amis ou bien des relations à très longue distance de temps.
Fidji a eu trois chiots : Hyade, Hindi et Hestia ; trois cas différents. D’emblée, on a été plongé dans l’amitié, la gentillesse et dans la méchanceté.
La gentillesse a été pour ce petit bout de chou que la dame voulait acheter, mais qu’elle avait peur, car elle avait un gros souci cardiaque (la dame, pas le chien) et qu’elle ne savait pas ce que pouvait devenir son chien si elle mourrait, elle pouvait mourir d’un seul coup d’un arrêt cardiaque.
Cette personne nous a donné des nouvelles toute sa vie et toute la vie du chien, et la chienne est morte de vieillesse. Tant mieux pour la dame.
L’amitié a été pour la deuxième petite chienne : la personne venait pour un caniche toy et elle est repartie avec un grand caniche.
Nous n’avions pas de caniche toy et elle voulait juste voir ce que c’était qu’un grand caniche. Elle a eu le coup de foudre qui ne s’est pas démenti.
Après le décès de vieillesse de cette chienne, elle nous a repris encore une autre grand caniche et j’ai refusé de lui en vendre un troisième en raison des conditions physiques de ces personnes en vieillissant. Il me restait de caractère un petit caniche nain mâle bleuté qui pouvait leur convenir. Ils avaient peur qu’un mâle pisse partout et ils pensaient qu’ils étaient moins câlins et au final le petit chien dès 3 mois a toujours été propre (non castré) et hyper câlin et attaché à ses maîtres. Je les revois toujours tous depuis plus de 22 ans.
La méchanceté a été au troisième petit chien : la personne a fait les papiers, acheté le chiot et au moment de passer le portail elle s’est retournée et a dit « jamais je ne vous donnerai de nouvelles maintenant, c’est mon chien et je refuse d’avoir des contacts avec vous. »
Un chiot, ça se souviens de son éleveur

Pour la première portée de Fidji, une dame est venue chercher son chiot grand caniche.
Au moment de passer le portail, elle s’est retournée et a dit « maintenant, c’est mon chiot, je ne vous donnerai plus jamais de nouvelles et ne cherchez pas en avoir ».
C’est extrêmement dur pour un éleveur qui a mis au monde et élever le chiot de le voir partir ; mais ça, souvent, les futurs propriétaires des chiots n’y pensent même pas et ne pensent pas que les éleveurs peuvent être attachés à leur chiot.
Sur le coup, la réaction était incompréhensible, mais elle va s’expliquer plus tard.
2 ans après cette personne nous rappelle en demandant si on se souvenait d’elle. Évidemment qu’on s’en souvenait et elle nous demande si on pouvait faire quelque chose pour elle, car la chienne était dans un état épouvantable. Elle ne savait plus comment s’y prendre pour lui redonner une allure de caniche et comme la chienne était devenue extrêmement protectrice, voire agressive, elle ne savait plus comment faire, car elle avait peur que la chienne morde en toilettage.
Nous sommes allées, ma mère et moi, chez elle et elle nous a dit : faites attention parce qu’elle n’aime pas les étrangers et elle attaque. (la personne, de par son travail, avait fait en sorte que la chienne soit une chienne de défense). Quand elle a ouvert la porte, la chienne s’est mise à grogner, à retrousser les babines et prête à l’attaque comme elle faisait en présence d’inconnue. Elle s’est jetée sur ma mère et là, j’étais en première place pour voir son comportement : au dernier moment, la chienne a reconnu l’odeur et la voix et elle a fait une fête pas possible à ma mère en la léchant de partout, elle était foldingue de la voir.
En fait cette femme, quand elle avait passé le portail, nous a expliqué qu’elle ne voulait plus entendre parler de nous, car elle avait peur que la chienne continue à s’attacher à nous et ne s’attache pas assez à elle. Comme beaucoup de personnes, elle pense que l’amour d’un chien est exclusif ; il n’en est rien.
Elle pensait qu’en coupant les ponts, la chienne ne se souviendrait plus du tout de nous. La chienne lui a prouvé le contraire plus de 2 ans après.
Il y a des bons et des mauvais éducateurs

Lorsque flocon le grand caniche blanc a été à sa seconde exposition un juge est arrivé par-derrière pour lui tâter les testicules sans le prévenir, d’un coup, le chien a fait un bon d’un mètre de haut par peur et de ce fait en exposition, il n’était pas à l’aise et baissait la queue. Il y a des cons sur terre …
Sur des revues canines, nous avions lu et entendu parler de Michel Hasbrouck un éducateur dont le nom est resté gravé dans ma tête pour sa façon lamentable de la psychologie canine et humaine.
Il proposait une première séance pour voir le chien, ce qui était normal, nous sommes donc mes parents et moi aller à côté de Paris pour voir cet homme sur son terrain d’entraînement.
Il est arrivé face à nous la cigarette à la main, il s’est approché du chien main tendue, la cigarette sous le pif du chien.
Évidemment, le chien a reculé, vu que personne chez nous ne fumait en prime.
Il a alors dit que notre chien était agressif, que ça se voyait dans son regard. Seconde connerie : Flocon était une pâte molle, un vrai loukoum, sans une once d’agressivité. Il a dit alors qu’il devait déjà éduquer la base, le assis, le coucher, car le chien devait être rapidement re-éduquer. Encore une connerie de dite, comment le savoir sans avoir vu s’exécuter le chien ?
J’avoue que Flocon obéissait une fois sur trois, mais la personne ne l’a même pas vu travailler. Ma mère a regardé la personne droit dans les yeux, elle a dit à Flocon « Assis » : le chien s’est assis du premier coup ; elle est partie au loin, a rappelé Flocon au pied et le chien a fait la manœuvre comme jamais il ne l’avait fait : il a fait le tour comme il faut de ma mère et c’est assis juste à ses pieds à sa gauche. On aurait dit que le chien comprenait que son honneur était en jeu.
Ce n’est pas ce que nous attendions de l’éducateur avec toute la pub qu’il s’était faite pour dire qu’il était le meilleur et qu’il éduquait également les chiens pour exposition : nous sommes repartis avec notre chien fièrement.
Il ne faut pas nous le faire : un grand caniche comme Flocon, avec aucune once d’agressivité, nous n’allions pas à payer 10 séances d’éducation pour un chien qui savait faire le job alors que nous venions pour avoir un chien qui soit détendu avec des juges.
Il y a des bons et des mauvais exposants en exposition canine.

Quand je regarde cette photo argentique de Flocon, ça me donne envie d’attraper des ciseaux pour le retailler. lol
C’était à Longchamps, une expo de championnat de France comme on n’en voit plus, une organisation top si on oublie les mauvais côtés : tirer des affaires avec une voiture garée au loin, des classes de chiens avec plus d’une dizaine de concurrents dans chaque classe, avec une belle qualité de chiens.
Et puis mon regard se pose sur la personne assise à côté et là, ça me refroidit, personne très connue en élevage canin, que je ne connaissais pas à l’époque et la seule parole qu’elle adresse est : « il a une queue de balai de chiotte ce chien ». Et oui, car à l’époque, il y avait très très peu de chiens qui avaient la queue longue, donc Flocon détonnait du lot.
Bref, de ce jour, je l’ai cataloguée « antipathique », « déplaisante » et mon opinion a été renforcé le jour où elle a insisté pour que l’on vienne voir ses chiots grands caniches (on ne sait jamais, si on craquait pour un !). Il ne fallait pas, des chiens dans les granges dans la paille, elle attrape un truc dans la paille d’une mère caniche, elle le jette dans la poubelle. Je zieute de biais, c’était un chiot mort. Oui une horreur. D’ « antipathique », elle est passée à « détestable » et moi quand je n’aime pas, je n’aime pas ! C’est comme cela, c’est épidermique. Y a que ses chèvres qui étaient bien.
Je n’avais pas compris que dans le milieu des exposants, c’était à qui se tire dessus, sans entraide. Mais heureusement pas toujours. Et ça n’a pas changé malheureusement.









