Les difficultés en élevage
De la difficulté de prendre des photos

Je vous explique pourquoi vous verrez beaucoup de photos de chiots seuls sur mon site. Si c’est compliqué de prendre un chien ou un chat adulte en photo, prendre des chiots ou des chatons en photo, c’est encore pire.
Car les chiens et les chats, vous pouvez les appeler : ils tournent la tête vers vous et s’ils ne veulent pas réagir, vous faites un bruitage et ils tournent la tête pour nous regarder. (Bon, ok, des fois, on a l’air vraiment con à faire « meuh »)
Mais les chiots et chatons aux premiers jours de vie, ce n’est même pas la peine parce qu’ils ont un réflexe de fouissement quand ils sont tout petits donc ils vont chercher à s’enfouir à l’endroit où vous êtes : par exemple sur le canapé, ils vont chercher à rentrer dans le canapé donc la tête toujours plantée dans le canapé. Ensuite, ils ont le réflexe si on vient de les réveiller de vouloir téter donc pareil, ils vont chercher la tête collée sur le canapé s’il n’y a pas une mamelle qui traîne.
Quand ils ouvrent les yeux, ils vont essayer de se mettre sur les pattes donc ils ne vont faire que de tomber d’un côté et de l’autre , tourner d’un côté, tourner de l’autre.
Quand ils prennent quelques jours de plus, la grande peur, c’est qu’ils se jettent dans le vide parce qu’ils n’ont pas la notion de la peur du vide à cet âge-là.
Encore un peu plus grand, il faut être d’une rapidité extrême parce que vous allez les faire asseoir par exemple et puis le temps que vous appuyez sur le bouton, ils seront à l’autre bout de la pièce.
La grande question de beaucoup de personnes et de savoir pourquoi on ne voit pas souvent la mère sur les photos. C’est pour les mêmes raisons de difficulté de prises de vue : c’est-à-dire quand ils sont tout petit, la mère va les couver donc il va être impossible de prendre les chiots sans avoir une patte ou la tête de la mère devant. Les bébés seront automatiquement tournés vers le ventre de la maman, et si elle est mise sur le canapé pour prendre la photo à côté du chiot, il suffit qu’il y en ait un autre qui couine ailleurs pour qu’elle se précipite vers eux.
Quand les chiots commencent à marcher, c’est délicat également parce qu’elle va vouloir faire leurs toilettes ou bien descendre du canapé ou bien surveiller les autres. Et quand les chiots commencent à gambader alors là vous voyez plus que la tête de l’un, la queue de l’autre : là ça devient carrément impossible.
Et pourquoi pas des vidéos ? Quand on fait une vidéo réelle avec des chiots la maman dans leur parc etc .. il faut déjà vérifier que le parc soit impeccable, car le souci n’est plus la prise de vue proprement dite, mais les mauvaises langues qui critiquent.
Alors si malheureusement il y a un chiot qui vient de crotter « oh mon Dieu, c’est dégueulasse ». Si vous avez la maman qui sort du lit un peu chiffonné « oh mon Dieu, elle n’est pas entretenue », si vous n’avez pas rangé votre pièce, « oh mon Dieu, c’est bordélique » ect.
Le seul moyen de faire voir correctement et en sécurité un chiot est de le tenir en main ou alors de le bloquer sur un canapé comme ça au moins il y a une sécurité : s’il court d’un côté ou de l’autre, avec le rebord du canapé, on a le temps de le rattraper. Là encore ça va être des critiques parce que les autres vont dire « ah oui, mais faut prendre le chiot dans son espace naturel. Ce n’est pas normal de les présenter comme ça, ça fait marchandise à vendre. »
Bref, vous l’avez compris entre le chiot et les humains et bien, c’est très très dur de faire des photos.
En général, on a 1 photo sur 10 de valable ! Et encore ! Et pour cela, vive le numérique.
La charge mentale en élevage

Je vais vous parler de la charge mentale en élevage. Elle est énorme, mais vraiment énorme, aussi bien en positif qu’en négatif. Elle se manifeste en négatif par l’obligation de « penser à tout, tout le temps », générant une tension mentale permanente qui peut entraîner une fatigue psychique et du stress, mais apporte énormément de satisfaction et de bien-être quand elle est positive.
C’est à partir du moment où la charge mentale négative prend le dessus, que la passion commence à s’amenuiser, qu’il est temps de cesser l’élevage, alors que la charge physique de travail n’est en général pas un frein à un éleveur. Comme je dis souvent, un patron me demanderait cela, je démissionnerai.
C’est une des raisons pour laquelle j’ai arrêté il y a 20 ans l’élevage de chat persan : parce que je n’avais plus la passion. Mais pas que ça, je vous le raconterai un jour.
La charge mentale positive, c’est la joie d’être avec des petits animaux et souvent, les éleveurs en grande majorité disent que leur plus grosses charges mentales négatives sont avec les humains.
Pour moi, particulièrement, c’est un peu con, mais j’ai toujours un stress continu quand je change les duvets de mes chiots. Quand ils sont tout petits, à une ou deux semaines de vie, j’ai toujours peur de les passer à la machine à laver (les chiots pas les duvets) alors que les duvets, je les secoue toujours, et qu’il n’y a aucun risque, mais c’est quelque chose qui est ancré dans mon cerveau depuis qu’une dame m’a appelé en pleurs, car elle venait de découvrir son chat mort dans son sèche-linge. Cette image m’a énormément marqué et me marque encore depuis des années.
Il y a toutes les petites choses qui nous font pousser des soupirs et c’est récurrent : je me débrouille pour mettre des photos très régulièrement sur mon site, il faut savoir que pour mettre des photos, c’est très long et ça peut prendre 1h à 2h de son temps. Je venais de mettre un dimanche toute une série de photos et vidéos en ligne et là une personne me contacte le lundi et m’écrit » vous n’auriez pas des photos récentes ? », après avoir visionné mon site où les dates des photos sont indiquées.
À ce moment-là, j’ai juste envie d’étrangler les gens.
En positif, tous les éleveurs ont des souvenirs marquants de joie intense et ça nous reste dans la tête pendant des années et des années, que ce soit pour nous personnellement, comme la joie de voir naître un petit chiot au chaton tant attendu, ou de voir une personne venir chercher son chiot et éclater en sanglots en le voyant et en le serrant fort dans ses bras : ce sont des instants de vie intense qui restent à vie aux éleveurs passionnés.
Pour d’autres éleveurs, c’est la consécration de leur élevage : un titre tant convoité en expo. J’avoue que pour moi les expositions sont subsidiaires, ce n’est pas vital pour ma passion, c’est juste un petit plus, même si on est super content quand son chat fait le meilleur chat de l’expo ou que son petit chien fait le meilleur chien de la nationale d’élevage, mais ça ne fera pas partie des souvenirs les plus marquants, qui eux, sont parfois des petits détails de l’élevage.
Vous l’avez compris, le travail d’élevage est un vrai yo-yo émotionnel, et parfois dans la même journée.
L’élevage, c’est aussi des corvées physiques
Mes parcs d’élevage
Réaliser son rêve, on n’a qu’une vie

Pensez à réaliser vos rêves, car on n’a qu’une vie, et moi mon rêve, c’était d’avoir un persan noir, j’adore les persans noirs.
Mais un très beau persan noir … un magnifique persan noir .. pas QUE un persan noir.
Je suivais régulièrement en exposition féline des éleveurs qui avaient des chats dont le look me plaisait : un nouveau look au nez plus aplati, mais aux narines bien ouvertes. Et je leur ai dit que si leur chatte avait des bébés et un mâle persan noir, qu’ils me contactent.
Et ils m’ont contacté …
Le souci, c’est qu’ils habitaient extrêmement loin. Enfin, à l’époque pour moi, c’était extrêmement loin, plus maintenant, un peu plus de 4 heures de route pour y aller. Mais mon père m’a emmené et donc je suis allée voir le chaton d’à peine 2 mois pour le réserver.
Il était beau, Helko, toute la portée était belle, et sa sœur toute noire aussi, une merveille à mes yeux. Le prix aussi était beau : 7000 francs quand même, le double de prix d’un chaton classique de compagnie. Mais il le valait.
Pour éviter les km, les éleveurs m’ont proposé de venir le chercher à Paris car une grande exposition s’organisait et ils allaient s’engager. Helko aurait alors 4 mois. Évidement que j’ai accepté, comme je le voulais pour expo, c’était très tentant, j’ai payé l’engagement du chaton.
Comment dire que je piaffais d’impatience …
Mais tout ne s’est pas passé comme prévu ce jour d’expo, allez, je vous laisse piaffer aussi…
Réaliser son rêve .. ou pas …

J’ai attendu avec impatience d’aller à cette exposition vers Paris pour pouvoir récupérer le chaton noir que j’avais vu plus d’un mois avant.
Une semaine avant cette exposition, les éleveurs m’appellent pour me dire qu’ils ne pouvaient pas me vendre le chaton pour reproduction parce qu’il avait un souci dentaire, il était bégu.
Comme j’avais payé l’inscription, je leur ai dit de l’emmener quand même, je viendrai à l’exposition et nous verrons sur place la suite.
C’était une expo énorme où plusieurs clubs s’étaient réunis. Je pense que c’est la première fois qu’il y avait eu un jugement TICA en France, mais je n’en suis pas vraiment sûr. Mais enfin bref, c’était une énorme expo, pour vous dire, il y avait inscrit une dizaine de chatons persans noirs. Je me souviens, car j’ai suivi les rings et 7 concouraient.
Le jour du jugement, il y avait le jugement traditionnel et le jugement TICA, avec plusieurs jugements en ring et les chatons vont être examinés plusieurs fois devant les juges.
La superbe sœur à Helko, qui s’appelait Hetia des Ormeaux a fini première sur tous les rings TICA ou presque et elle a fait meilleur chaton noir en traditionnel.
Helko a été éliminé sur tous les rings TICA et en traditionnel a été disqualifié. En effet, un chaton persan à l’époque pouvait être prognathe du moment que les dents ne se voyaient pas de l’extérieur, mais en aucun cas, il ne pouvait être l’inverse.
J’étais donc effondré et je pleurais dans mon coin.
Le chaton Helko ce jour-là a trouvé sa future maman, qui a craqué sur sa petite bouille en tant que chat de compagnie.
Et moi, je me retrouvais sans chaton.
Mais on était à une grosse expo avec plein de chatons.
Il y avait de magnifiques chatons chinchilla, des roux, des bleu, des bleu crème.
Mais moralement, je n’étais pas bien et c’est à peine si j’y jetais un coup d’œil.
J’ai donc repris le chemin de la sortie …









