Le décès chez les chiots : un sujet tabou
Le décès de chiots nouveau-nés constitue toujours une amère déception pour l’éleveur. Plusieurs études scientifiques réalisées à travers le monde au fil des années ont régulièrement observé que le taux de mortalité néonatale moyen chez les chiens se situe autour de 20% entre la naissance et la 7e semaine, avec 10 à 12 % de mortinatalité, 13 à 15 % de mortalité dans les 15 premiers jours et 7 à 10 % entre le 15e jour et la 7e semaine.
Le décès chez les chiots est souvent un sujet tabou en élevage principalement pour des raisons émotionnelles, économiques et culturelles.
Pour les éleveurs, la perte d’un chiot est une expérience profondément douloureuse qui suscite fréquemment un sentiment de culpabilité ou de responsabilité. Ce poids émotionnel rend la discussion autour de ces décès difficiles et souvent évitée. Sur le plan économique, la mortalité représente un coût direct évident, avec la perte de chiots et les frais vétérinaires engendrés, mais aussi un coût indirect lié à l’image de l’élevage. En effet, un taux de mortalité élevé peut porter atteinte à la réputation de l’élévage et affecter la confiance des clients potentiels. Cette crainte d’une mauvaise image conduit souvent à minimiser ou à taire les cas de décès.
Les causes de mortalité chez les chiots sont en plus très variées et souvent complexes, ce qui ajoute une difficulté supplémentaire à l’analyse.
Cela contribue également au mutisme autour de la mortalité des chiots, car l’incertitude est grande quant aux raisons exactes des décès.
Les anomalies structurelles ou fonctionnelles sont présentes chez environ 1% des chiots nouveaux-nés et sont responsables de 14% de la mortalité néonatale, bien que leur origine génétique ne soit pas toujours confirmée.
Ces malformations peuvent toucher une fonction spécifique ou plusieurs organes, et sont fréquentes dans la plupart des races canines.
Beaucoup d’entre elles sont visibles dès la naissance et permettent une survie temporaire, tandis que d’autres ne se manifestent qu’après plusieurs mois ou années.
Parmi les malformations pouvant entraîner la mort durant la période néonatale, la fissure palatine (avec ou sans bec de lièvre) est la plus courante. D’autres anomalies fréquemment observées incluent l’hydrocéphalie — fréquente chez certaines races comme le Chihuahua, le Cocker et le Bulldog — ainsi que les malformations du squelette, cardiaques, la polykystose rénale, l’absence d’un ou des deux reins, le mégaoesophage, la sténose pylorique ou encore l’imperforation de l’anus.
Lorsqu’un de ces troubles est déterminé, l’euthanasie est généralement recommandée, sauf dans le cas de la sténose pylorique ou de la fissure palatine, où une intervention chirurgicale est parfois envisageable.









