Réaliser son rêve
Il n’y a pas que le pif chez un persan

Je vous avais raconté en expo de chien la gentille réflexion d’une éleveuse et bien, je vous rassure, c’est pareil en chat sauf qu’en chat, c’est encore plus faux-cul.
Paradoxalement, les meilleurs éleveurs en tant que relationnel ont été des éleveurs de chats et je suis encore en relation avec eux alors que ça fait 30 ans que j’ai arrêté de produire des chatons.
Mais tout ça pour vous dire qu’effectivement, j’ai eu droit à des réflexions sur la chatte que je présentais Coppélia, car même pour l’époque elle avait le nez un peu trop long. Sauf qu’il n’y a pas que la longueur du nez chez un chat persan, il y a la construction du corps, la qualité de la fourrure et sur ce point-là, elle avait les deux.
Quand j’ai récupéré Coppélia, elle n’avait pas été lavée, mais talquée pour les expositions, car à l’époque rare était les chats qui étaient lavés. Alors qu’à l’heure actuelle, le toilettage du chat est pour mon goût beaucoup trop poussé, mais là n’est pas mon sujet.
Donc la pauvre Coppélia a subi trois bains d’affilées à son arrivée chez moi, jusqu’à tant que l’eau devienne claire et cela a mis en valeur sa magnifique couleur bleu crème très pâle comme on en rencontrait peu avant et quasiment plus actuellement.
Et donc elle a suivi mes autres chats en exposition.
Elle était stérilisée et en concours félin, on peut présenter dans une classe spéciale des chats stérilisés : les classes neutres ou premoriat. Mais pour le meilleur de couleur, toutes les classes concourent ensemble mâle et femelle, stérilisés ou pas et Coppélia à sa première sortie a fait best variété, c’est-à-dire meilleur de couleur, et best in show, c’est-à-dire meilleur neutre poil long de l’exposition.
Pourtant, à chaque fois que je l’emmenais en exposition, les gens se gaussaient derrière mon dos, voir même le disait en face « »ah elle est jolie, mais elle manque de type. « »
Par contre le plus beau compliment qu’un juge m’a fait était de présenter cette chatte au public et de dire » admirez son toilettage ». Je n’étais pas toiletteuse à l’époque.
Et bien que les gens se moquaient, les juges avaient la même vision que moi sur cette chatte : j’ai rarement vu une chatte aussi bien construite au niveau du corps, elle était extrêmement cobby, vraiment une toute petite queue et …
Et elle est devenue le troisième meilleur persan et le 8e meilleur neutre toute race de France en 1994 : elle est même en photo sur le livre américain TICA. Je l’ai arrêté au stade de double grand champion TICA et en grand premoriat international en jugement traditionnel.
Ce que j’ai appris avec cette petite chatte est de vivre sa passion et de ne pas écouter ce que les autres racontent et de ne suivre ni les courants de pensée, ni la mode. Car se différencier permet beaucoup de choses quand on est passionné.
Coppélia a vécu 19 ans toujours en parfaite santé et je n’ai jamais regretté de l’avoir adopté. Son seul soucis de santé important a été un chaton qui lui a griffé l’œil à 15 ans d’âge. Je vous raconterai cela un jour.
Encore une belle déception

J’avais donc réservé un adorable petit chaton persan noir Helko et avec l’éleveur, on s’était donné rendez-vous à l’exposition et la patatras : le chaton ne pouvait être vendu en reproduction car rétrognathe.
Je m’apprêtai à retourner chez moi et d’un seul coup, je me suis dit, mais c’est complètement con parce qu’il y avait au moins une dizaine de chatons persans noirs.
J’ai donc demandé le catalogue aux éleveurs de Helko, car j’avais remarqué un chaton qui finissait meilleur mâle sur tous les rings. Les éleveurs d’Helko étaient adorables aussi je leur ai posé la question de ce qu’ils en pensaient : ils m’ont dit oui, il est magnifique, mais c’est le double du prix du chaton qu’on vous vendait.
Il faut savoir qu’à l’époque, j’étais extrêmement timide mais j’ai surmonté ma timidité pour aller parler à ces éleveurs : leurs chatons étaient de lignée américaine extrêmement typée pour l’époque, par rapport aux chatons français et le chaton que j’avais vu était d’un noir de jais.
J’ai donc expliqué à ces personnes que j’avais 3 petites femelles persannes et que je recherchais un mâle persan noir et que celui que j’avais réservé n’allait pas et ils m’ont proposé pour le même tarif le chaton d’à côté.
Je leur ai dit non : c’est celui-ci que je veux et pas son demi-frère. J’avais également fait quelque chose d’aberrant en y réfléchissant maintenant, mais j’avais entièrement dans ma poche l’argent en liquide du prix d’Helko : je leur ai expliqué que je pouvais payer entièrement en espèces le chaton, mais en fait, pour la moitié du prix donc je comprenais bien qu’ils refusent.
Et voilà, j’ai tourné le dos. Encore une belle déception parce que je n’avais pas les moyens financiers. J’ai refait le tour de l’expo, mais non ! les chatons chinchillas, les roux, les crèmes, non rien ne m’intéressait et j’étais en désillusion totale sur les petits chatons noirs. Je passais et repassais devant la cage. Parce que franchement, j’avais le coup de cœur pour ce magnifique chaton.
Je traînais devant toutes les cages de cette grande expo, mais voilà, comme quoi parfois dans la vie, il faut savoir renoncer à ses rêves.
Et puis d’un coup le destin s’est enclenché et ce qui devait arriver, arriva…
Pretty Paros Little Black Boy

Et puis, à la toute fin de l expo, à force de passer et de repasser devant la cage, je pense que les éleveurs se sont dit qu’après tout, il valait peut-être mieux vendre ce chaton à cette jeune personne qui n’avait que trois femelles, que de vendre ce chat à des éleveurs inadéquats ou maltraitants. Ils m’ont donc appelé lors de mon énième passage devant la cage pour leur dire que ok : Vu que je payais en espèces au moins ils étaient sûrs d’être payés et que le chaton serait chouchouté.
Et c’est ainsi que grâce à ces éleveurs, j’ai pu ramener chez moi le plus fabuleux mâle persan noir que j’ai eu et que je n’aurais plus jamais. C’est grâce à lui que j’ai perdu du jour au lendemain ma timidité maladive. Avec Fanchon et les expos, j’avais fait le premier pas, mais là, j’ai eu une claque mentale qui m’a complètement débloquée.
Photo argentique de 1992
Et ce jour là … Little a fait le Best Général

Je ramenais donc mon petit chaton persan noir Little à la maison. Il était vraiment adorable, très cool de caractère, un amour de chaton.
J’étais assez intrigué parce qu’il avait des reflets roux et quelques poils grisonnants. Mais des éleveurs m’ont dit qu’en fait plus le chaton avait une couleur dégueulasse petit, plus il avait de chance d’avoir un super noir brillant adulte et c’est ce qui s’est passé, car réellement adulte, il était noir de noir.
C’était un chat très compact. Pas très grand pour l’époque. Il devait peser 5 kg, mais 5 kg d’amour.
Little adorait les expositions, dès que je l’ai eu, j’ai continué à l’y emmener et il en était ravi. Il s’asseyait sur mon sac d’expo pour ne pas que je l’oublie.
En exposition, il était toujours excellent et bien classé. Et il y avait beaucoup, beaucoup plus de persans que maintenant, presque 80% de persans dans les expo par rapport aux autres chats.
Ma timidité se levait petit à petit, quand Little montait sur le podium parce qu’il faisait un best variété (meilleur de couleur) et que je devais présenter mon chat au public.
Mais le déclic, je l’ai eu quant à Tours, j’ai rencontré un de mes profs de fac qui présentait ses chats, et on a parlé chat … De super timide à tourner mes phrases dans ma tête avant de parler, j’ai découvert que je pouvais librement parler pendant des heures de ma passion pour les chats persans. Ça a été le déclic, je suis du jour au lendemain devenue très pipelette lol
Et ce jour-là … Little a fait le Best Général, le meilleur chat de l’exposition en classe chaton.
Son premier titre adulte il l’a eu en Hollande mais qu’allais-je faire en Hollande ?
Je pars en stage en Hollande

Comme je vous l’ai expliqué dans mes histoires précédentes, j’étais en maîtrise de production animale. (voir à la une les posts du mercredi)
Je devais faire un stage de fin de cursus. Il fallait donc en trouver un et comme d’habitude, ça m’est passé au-dessus de la tête et je n’ai pas cherché. Mais mon amie m’a dit qu’elle en avait trouvé un en Hollande sur les poulets dans un centre de recherche universitaire. Alors j’ai demandé s’il n’y avait pas une autre place pour un autre stage et on m’a proposé sur la digestibilité des pois dans l’alimentation des vaches laitières, ce que je trouvais beaucoup plus passionnant que sur les poulets.
Avec une autre fille, nous avons donc pris la voiture et sommes partis en Hollande.
J’ai laissé mes chats à mes parents, car de toute façon, les persans ont une mise à la reproduction très tardive et certains mâles reproducteurs ne reproduisent que très tard. Donc j’étais tranquille sur ce point.
Oui mais pas Little : peu de temps après que je sois arrivé en Hollande en chambre universitaire, ma mère m’a appelé pour me dire que Little avait saillie Glamour et Fanchon. Et il y avait ma femelle blanche Grisly aussi qu’il ne devait pas saillir.
J’ai pris la décision de l’emmener avec moi en Hollande en chambre universitaire, ni vu, ni connu, car c’était bien évidemment interdit.
Je suis donc parti par le train et j’ai ramené Little et ses croquettes.
Arrivé sur place, je n’avais pas de litière, mais je me suis débrouillée avec un carton, du sable et des sacs poubelles. Je l’ai installé dans ma chambre et j’ai collé un mot sur ma porte que personne ne vienne faire le ménage, que je m’en occuperai.
Little était d’une sagesse exceptionnelle. Le matin, j’avais des expériences au laboratoire et l’après-midi, j’étais à l’étable avec les vaches. Comme j’étais toujours seule à l’étable, j’ai emmener Little.
Je le déposais sur la table, en liberté : il y restait assis à m’admirer pendant plus d’une heure et je repartais avec lui ; comme on était en Hollande fatalement, c’était à vélo. Ma boite de transport était trop grande pour l’emmener à vélo, donc je le mettais dans un banal sac en tissu avec les lanières passées sur mon épaule et vogue la galère. Je vous l’ai dit, il était exceptionnel.
Je faisais en sorte que personne ne le voit, mais les étudiants universitaires qui venaient d’absolument de tous les pays l’ont vite remarqué : j’étais la Française avec son chat noir au nez plat.
Sauf qu’un jour mon référent, maître de stage débarqua à l’improviste à l’étable …
Mon chat à l’université

J’étais parti faire mon stage en Hollande alors qu’au final, j’étais extrêmement nulle en langue, mais archi-nulle.
Au bac, ils avaient été voir ma moyenne générale, car j’avais complétement paniqué et pas desserré les dents : j’étais d’une timidité frisant la panique. J’avais dû avoir le 9 sur 20 quelque chose comme.
Je ne comprenais rien aux langues et en plus, le Hollandais est un mélange d’Allemand et d’Anglais. Pour moi, c’était incompréhensible. Heureusement, j’étais tombé sur un maître de stage qui parlait français avec un fort accent, j’avais parfois du mal, mais je devinais.
Ce que j’ai retenu de la Hollande, c’était que là-bas, on mangeait très mal, et souvent des sandwiches le midi. Par contre, il y avait des pancakes. Super bon! J’ai dû faire une cure de pancake.
Pour mon petit déjeuné, j’ai cherché dans tous les magasins un bol, ça n’existe pas un bol là-bas, mais j’en ai quand même trouvé un dans un magasin de souvenirs pour boire mon lait et j’ai regretté parce que le lait a un goût d’ensilage dégueulasse. Les « véritables » baguettes françaises avaient un goût horrible, rien à voir.
Enfin, ce n’était qu’un stage ce n’est pas bien grave la nourriture. Par contre se balader à vélo, c’était vraiment très très bien.
Comme expliqué sur le post d’avant, j’avais planqué mon chat dans ma chambre d’étudiante. Je l’emmenais à l’étable quand je m’occupais des vaches. D’ailleurs, il y avait une vache qui était très fourbe, qui bottait en touche et je ne sais pas pourquoi elle me faisait penser à ma tante Brigitte et je l’avais donc surnommé Brigitte, ça a bien fait rire ma grand-mère quand je lui ai raconté.
Mon persan Little était un petit chat très très sage et si je le déposais sur la table à l’étable, il y restait assis gentiment.
Et puis un jour, le maître de stage arriva à l’improviste (ou pas, d’ailleurs, peut-être qu’il l’a dit, mais que je n’ai pas compris) et il a vu mon chat.
J’avoue que je ne me faisais pas fier du tout parce que c’était interdit d’emmener des chats en Université. Il s’est approché de la table, a regardé mon chat droit dans les yeux. Little l’a regardé droit dans les yeux avec son petit air de chouette et s’est mis à ronronner : il était si gentil et si mignon que le maître de stage l’a pris dans les bras et l’a couvert de bisous.
Avec son français à moitié compréhensible, il m’a expliqué que je ne devais pas le laisser dans ma chambre d’étudiant, mais qu’il ne voyait aucun problème à ce que je l’amène au laboratoire et c’est pour ça que mon chat m’a suivi partout.









